Les chaussures de sécurité cuisine se choisissent d'abord sur leur semelle : depuis la norme EN ISO 20345:2022, l'adhérence sur un sol carrelé savonneux est testée sur toute chaussure certifiée, et le marquage SR ajoute l'essai au glycérol. La coque, le confort sur dix heures de travail en hôtellerie et le prix viennent ensuite.
- Chaussures de sécurité (EN ISO 20345) : embout résistant à 200 joules ; chaussures de travail (EN ISO 20347) : pas d'embout.
- En cuisine, le couple utile reste S2 ou S3 avec marquage SR, ou l'ancien marquage équivalent encore en stock.
- L'employeur fournit gratuitement ces équipements et en assure l'entretien (Code du travail, article R4323-95).
Pourquoi une cuisine professionnelle exige des chaussures de sécurité
Les chaussures de sécurité en cuisine répondent à trois risques que les autres métiers de bouche partagent rarement au même degré. Le premier tient au carrelage : eau de plonge, huile de friture, épluchures et produits de nettoyage rendent la surface glissante pendant tout le service. L'INRS classe les glissades et les chutes de plain-pied parmi les premières causes d'accident du travail en restauration, devant les coupures. Le deuxième risque vient des charges : une marmite, un bac gastronorme plein ou une caisse de légumes qui tombe sur l'avant du pied. Le troisième concerne les liquides brûlants qui se renversent près des fourneaux, sans oublier le couteau qui glisse du plan de travail : il traverse une tige en toile, rarement une matière synthétique rigide.
La chaussure de ville ou la basket de sport ne répond à aucun de ces trois risques. Sa semelle n'est pas conçue pour évacuer un film gras, sa tige en toile absorbe l'eau chaude, et rien ne protège les orteils. Comme on peut le voir sur le site de Vetdepro par exemple, les modèles pensés pour la restauration combinent une semelle antidérapante à crampons fins, une tige lavable et un embout renforcé. Ce type de produit soutient également la voûte plantaire et limite la fatigue des longues journées debout, entre la mise en place du matin et la fermeture du soir.
Que disent les normes EN ISO 20345 et EN ISO 20347 ?
Une chaussure de sécurité au sens strict répond à la norme EN ISO 20345 : son embout, ou coque, résiste à un choc de 200 joules et à une compression de 15 kilonewtons. La norme EN ISO 20347 couvre les chaussures de travail, dites professionnelles, sans embout : elles gardent les exigences d'adhérence et de confort, avec un marquage O1, O2 ou O3 au lieu de S1, S2 ou S3. En cuisine, le choix entre les deux familles dépend de l'évaluation des risques du poste : un pâtissier qui ne porte rien de lourd n'a pas les mêmes besoins qu'un commis de cuisine centrale qui déplace des bacs toute la matinée.
La révision de 2022 a changé la lecture des étiquettes. Les anciens marquages SRA, SRB et SRC disparaissent : tout modèle certifié passe désormais l'essai de glissance sur carrelage enduit d'une solution savonneuse, et la mention SR signale l'essai complémentaire sur carrelage enduit de glycérine, plus proche d'une surface grasse. Beaucoup de références vendues aujourd'hui portent encore le marquage SRC, car les stocks certifiés selon la version 2011 restent conformes jusqu'à la fin de leur certificat. La même révision a rendu facultative la résistance aux hydrocarbures (FO), autrefois incluse dans les classes S1 à S3.
| Marquage | Ce que la chaussure garantit | Usage en cuisine |
|---|---|---|
| S1 | Embout, arrière fermé, semelle antistatique, absorption d'énergie au talon | Zones sèches : réserve, pâtisserie, préparation froide |
| S2 | S1 et tige résistante à la pénétration de l'eau | Ligne chaude, plonge, laverie |
| S3 | S2, semelle anti-perforation et semelle à crampons | Livraison, cour extérieure, agro-alimentaire |
| SR | Essai de glissance complémentaire sur carrelage et glycérine | Tout poste exposé aux projections grasses |
Sabot, mocassin ou basket : quel modèle pour quel poste ?
Le sabot de cuisine reste la silhouette historique des brigades. Sa tige se glisse sans lacet, il se lave au jet et se retire vite si un liquide chaud coule à l'intérieur. Choisir un sabot de travail fermé à l'arrière (avec bride ou contrefort) est indispensable pour obtenir la certification S1 ou S2 : un sabot ouvert au talon ne peut pas être une chaussure de sécurité. Le mocassin de sécurité offre le même enfilage rapide avec un meilleur maintien du talon, ce qui en fait le choix courant des chefs de partie qui piétinent devant le piano.
La basket de sécurité a gagné les cuisines ouvertes et la restauration rapide. Plus légère, elle répartit mieux la charge sur une journée de service continu, et ses semelles en polyuréthane double densité amortissent les pas sur un revêtement dur. Sa limite tient à l'entretien : une tige en microfibre se nettoie bien, une tige en maille textile absorbe les graisses et sèche mal. Pour un commis qui alterne plonge et préparation, une basket S2 en tige lisse fait un compromis honnête entre légèreté et étanchéité. La botte de sécurité, plus haute, reste réservée à la laverie et aux ateliers de découpe où l'eau stagne : elle protège du contact prolongé avec l'eau mais pèse plus lourd qu'un modèle léger de salle.
Chaussures pour femme, homme ou modèle mixte
Les chaussures de sécurité cuisine femme ne se résument pas à une pointure plus petite. Une forme féminine prévoit un talon plus étroit et un cou-de-pied plus bas ; un modèle mixte taillé sur une forme homme flotte souvent au talon, ce qui fatigue la cheville et augmente le risque d'entorse lors d'une glissade. Les fabricants spécialisés proposent des gammes femme et homme distinctes, et certaines marques déclinent la même référence en largeurs différentes. Pour une brigade, mieux vaut faire essayer chaque chaussure en fin de journée, quand le pied a gonflé, plutôt que commander sur la seule pointure de ville.
Les critères qui font une chaussure confortable sur dix heures
Le confort d'une chaussure de cuisine se joue sur l'amorti, le poids et la respiration de la tige. Une semelle intérieure amovible et anatomique permet de glisser une orthèse si besoin ; une semelle d'usure en polyuréthane ou en caoutchouc nitrile résiste aux huiles sans durcir. Le poids de la chaussure compte plus qu'on ne le croit : un embout composite, non métallique, allège la chaussure et ne conduit ni le froid de la chambre froide ni la chaleur des fourneaux, là où un embout en acier transmet les deux.
La tige doit rester imperméable sans transformer la chaussure en étuve. Les cuirs traités hydrofuges et les microfibres respirantes gardent le pied au sec dans un environnement chaud et humide ; les tiges entièrement en plastique moulé se lavent facilement mais font transpirer. Les conditions de travail du poste tranchent : en laverie, l'étanchéité prime ; devant le passe, la respiration et la légèreté passent devant.
Couleur de la tenue : blanc ou noir ?
La couleur de la chaussure relève de l'hygiène autant que de l'esthétique. Le blanc, longtemps associé à la veste de cuisine, montre immédiatement une salissure et pousse à un nettoyage quotidien ; c'est la raison de son usage en pâtisserie, en milieu hospitalier et dans l'agro-alimentaire, où la couleur peut aussi distinguer les zones propres et sales. Le noir domine en salle et en cuisine ouverte, où la chaussure se voit du client et doit rester sobre avec la tenue. Certains établissements imposent une couleur par zone pour limiter les contaminations croisées : l'information figure alors dans le plan de maîtrise sanitaire.
La chaussure s'intègre à une tenue complète : veste, pantalon, tablier et toque forment un vêtement de travail cohérent, et plusieurs fabricants proposent une collection unisexe où la chaussure blanche ou noire se coordonne au reste. En milieu médical, la chaussure blanche accompagne la tenue médicale ; en agroalimentaire, elle reste souvent la seule couleur disponible dans les références adaptées aux zones propres.
Qui paie les chaussures de sécurité en restauration ?
En restauration, les chaussures de sécurité font partie des équipements de protection individuelle : l'employeur les fournit gratuitement et en assure l'entretien, les réparations et le remplacement (article R4323-95 du Code du travail). Il ne peut pas les déduire du salaire ni demander au salarié de les acheter lui-même. Le choix découle de l'évaluation des risques consignée dans le document unique, pour laquelle les fiches de l'INRS consacrées à la restauration servent de guide ; l'employeur doit aussi consulter les salariés sur le confort, car une chaussure que personne ne supporte finit au vestiaire. La traçabilité de ces dotations se simplifie avec un suivi numérique des EPI distribués, qui enregistre la date de remise et la taille de chaque salarié.
Le prix varie surtout selon le matériau de la tige, le type d'embout, la présence d'une semelle anti-perforation et la marque. Un modèle S1 en tige synthétique reste en bas de fourchette, un mocassin S3 en cuir hydrofuge avec semelle de propreté amovible se situe plus haut. Pour un achat groupé, le coût d'usage compte plus que le prix d'achat : une paire qui tient deux fois plus longtemps revient moins cher, même vendue plus cher. Les critères pour comparer les classes de chaussures EPI selon le métier valent aussi pour une brigade.
Comment entretenir des chaussures de sécurité de cuisine ?
L'entretien d'une chaussure de sécurité de cuisine commence chaque soir : un passage à l'éponge humide sur la tige, un brossage de la semelle pour dégager les crampons encrassés de graisse, puis un séchage à l'air libre, loin du four et du radiateur. Une source de chaleur directe craquelle le cuir et décolle la semelle. Les sabots en matériau moulé supportent souvent le lave-vaisselle ou le nettoyage au jet, selon la notice du fabricant ; les modèles en cuir ne le supportent jamais.
Les crampons usés sont le premier signe qu'une chaussure ne protège plus. Une semelle de propreté de rechange reste l'accessoire le plus utile : elle se lave à part et se remplace avant la chaussure. Une semelle lisse perd son adhérence bien avant que la tige ne se déchire, et un embout qui a subi un choc violent doit être remplacé même s'il paraît intact. La fréquence de renouvellement selon l'usure dépend de l'intensité du service : une brigade qui enchaîne deux services par jour use ses semelles bien plus vite qu'une cuisine de collectivité ouverte le midi seulement. Avoir deux paires en alternance laisse à chacune vingt-quatre heures pour sécher, ce qui limite les odeurs et prolonge leur durée de vie.

Sabot fermé, coque composite et pointure en cuisine
Un sabot de cuisine peut-il être une chaussure de sécurité ?
Un sabot de cuisine peut être certifié EN ISO 20345 s'il est fermé à l'arrière et muni d'un embout. Un sabot ouvert au talon reste une chaussure de travail, au mieux certifiée EN ISO 20347, et ne protège pas de la torsion de la cheville lors d'une glissade.
Le marquage SRC est-il encore valable ?
Le marquage SRC reste valable sur les chaussures certifiées selon l'ancienne version de la norme, tant que leur certificat court. Les modèles certifiés depuis la révision de 2022 portent la mention SR, qui correspond à l'essai complémentaire sur carrelage enduit de glycérine.
Faut-il préférer une coque en acier ou composite ?
Une coque composite offre la même résistance de 200 joules qu'une coque en acier, pour un poids moindre et sans conduire la chaleur ni le froid. En cuisine, entre four et chambre froide, le composite est le choix le plus confortable.





